Entretien réalisé par Stéphane Weiss
On ne l’a plus vu en équipe de France depuis juin 2006 et une tournée réussie en Afrique du Sud. Thomas Castaignède fait pourtant partie des indiscutables en vue de la Coupe du monde. En attendant de le retrouver sur les terrains, l’arrière polyvalent des Bleus a accepté de se prêter, au calme dans sa maison de Londres, au jeu de l'abécédaire.
A comme argent... et il y en a de plus en plus dans le rugby. Que penses-tu de la hausse des salaires des joueurs en France ? Qu'est-ce que cela implique et impose aux rugbymen ?
L'argent est arrivé peu à peu dans le rugby. Depuis plusieurs années, le rugby est professionnel et il était donc indispensable que les salaires soient revus à la hausse afin que les joueurs puissent vivre pleinement leur passion pour se sport et se préparer convenablement. Toutefois, je constate qu'il est encore très souvent malvenu de parler argent dans le rugby. Les joueurs savent aussi qu'il existe une vie après le rugby et qu'ils doivent prévoir une reconversion car, avec les salaires versés, on ne peut pas tenir jusqu'à 65 ans !
B comme blessures... et tu n'as pas été épargné au cours de ta carrière... Tu n'as pas pu jouer les matches du Tournoi des VI Nations cette année. Comment te sens-tu à présent ?
Je dois avouer que je me bats un peu contre mon corps depuis quelques temps. Je suis fragile et j'en ai bien conscience. Petit à petit, je retrouve une belle forme physique et je suis optimiste pour les prochaines semaines.
C comme calendrier des Dieux du Stade... Que penses-tu de ce produit ? Pourquoi n'as-tu jamais pris la pose en tenue d'Adam ?
Les photos sont belles, artistiques et visiblement ce calendrier plait beaucoup. On ne m'a jamais proposé de poser pour les Dieux du Stade. D'ailleurs, j'aurais certainement refusé car je suis marié et père de famille et je ne veux pas me mettre dans des situations équivoques, provocantes, ni poser nu alors que mes enfants pourraient tomber sur de tels clichés de leur père. Cela ne donne tout de même pas un très bon exemple... Mais, les joueurs célibataires ont tout à fait raison de faire ce calendrier sexy. C'est drôle.
D comme Richard Dourthe... Vous étiez très proches au début de ta carrière, puis vous vous êtes brouillés; qu'en est-il aujourd'hui ?
En effet, il y avait eu une petite brouille entre nous mais cela remonte à plusieurs années maintenant et aujourd'hui nous sommes toujours amis. J'ai d'ailleurs plaisir à revoir Richard lorsque je viens en France.
E comme enfants... Tu as maintenant trois enfants. Quel genre de papa es-tu ?
J'essaie de m'en occuper au maximum, de leur inculquer certaines valeurs, de m'amuser et de me promener avec eux. A présent, la maison est bien remplie car une petite Stella vient de naître. Mes enfants contribuent également à mon équilibre.
F comme France... Beaucoup disent que tu pourrais rejoindre un grand club français la saison prochaine... Toulouse, Castres, Paris ?
Il est encore trop tôt pour en parler. Tout peut encore changer. Tout est "open"...
G comme gastronomie... Un pêcher mignon ?
Je n'aime pas trop cuisiner mais j'apprécie les bons p'tits plats. J'aime beaucoup également la cuisine de Guy Savoy qui est, par ailleurs, un aficionado du rugby. Ici, à Londres, j'ai mes p'tits restos favoris ; certes la cuisine britannique n'est sûrement pas la meilleure du monde, mais on peut tout de même dénicher quelques bonnes tables. En France, lorsque je suis en vacances par exemple, j'aime bien faire les marchés et préparer des poissons ou organiser des barbecues avec la famille et des amis.
L comme lutte... Les séances de préparation physique des joueurs participant au Tournoi et probablement à la Coupe du Monde incluaient des initiations à la lutte. Est-ce vraiment utile pour un rugbyman ?
C'est toujours utile de s'intéresser à d'autres sports. Le rugby, on connaît tous par coeur et pratiquer une autre discipline oblige à se remettre en question, à mettre en place de nouveaux automatismes, etc. La lutte est vraiment utile aux rugbymen dans les phases de regroupements, les plaquages, pour apprendre à chuter.
M comme médias... On a l'impression que tu ne les recherches pas beaucoup depuis quelques années...
Mais si, j'aime bien les médias. Simplement je vis les trois quarts du temps en Angleterre et les Français parlent moins souvent de moi. C'est normal. Il ne faut pas oublier que les médias vous créent, en quelque sorte, vous mettent sur le devant de la scène et qu'ils peuvent également vous faire beaucoup de mal. Avec le temps, j'ai appris à mieux gérer la pression des médias, à ne pas tout dévoiler, à ne pas trop m'exposer aussi. J'ai également des amis dans le monde des médias.
P comme pression... Tu as disputé d'importantes rencontres tout au long de ta carrière. As-tu un rituel, des "trucs" pour être bien avant un match ?
Non, je n'ai pas de rituel mais je dois dire qu'un match c'est un peu comme la dernière clope (même si je ne fume pas !!!) : il y a une montée d'adrénaline, on se sent en danger, tout est remis en question. C'est bon et stressant en même temps. On a peur parfois. Il n'y a pas de match facile. On joue sa vie, sa réputation, à chaque fois.
Q comme quotidien... Quelle est la journée type de Thomas Castaignède à Londres ?
Je me lève assez tôt car, aux Saracens, nous entamons les entraînements de bonne heure jusqu'en début d'après-midi. Ensuite, je rentre chez moi pour retrouver ma femme et mes enfants. Je règle quelques papiers et je vais parfois chercher les enfants à l'école. Je ne sors pas beaucoup le soir et je suis plutôt du genre cocoonning ! J'aime bien recevoir des proches à la maison.
R comme retraite... Comment envisages-tu ta reconversion ?
Je dois bien avouer que je suis plus prêt de la fin de ma carrière que du début ! Depuis quelques années, je m'intéresse au monde de la finance et je travaille ponctuellement dans une banque à la City de Londres. Je pense orienter ma reconversion dans ce secteur d'activités. C'est très important pour moi d'avoir d'autres centres d'intérêt que le rugby. J'ai toujours fonctionné ainsi. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai suivi des études d'ingénieur. J'ai besoin de découvrir sans cesse de nouveaux domaines et rencontrer des personnalités différentes. Les études me manquent car c'est très enrichissant.
T comme télévision... Passer à la télé, c'est plaisir ou corvée pour toi ?
Franchement, je ne cherche pas spécialement à me montrer sur les écrans de télévision. En revanche, lorsqu'on m'invite dans des émissions, je ne refuse pas car ce média permet de véhiculer des idées, de transmettre des connaissances au plus grand nombre. Tout le monde regarde la télévision dans nos sociétés. J'ai parfois été consultant sur certaines chaînes de télévision britanniques, notamment à la BBC, pour commenter des matches de rugby et cela m'a bien plu. J'aimerais bien poursuivre dans cette voie.
V comme VI Nations 2007... Quel regard portes-tu sur les performances du XV de France ?
Cette fois, je l'ai vécu de l'intérieur ! J'ai vu de beaux matches. L'ensemble des performances du groupe est positif. Nous sommes d'ailleurs très soudés dans ce groupe ; il y a du respect et une véritable émulation entre nous. Et puis Bernard Laporte est très fort pour travailler l'aspect psychologique des rugbymen...
X comme XV de France... Désormais les rassemblements se font dans l'enceinte du Centre National du Rugby à Marcoussis, en banlieue parisienne. Es-tu nostalgique des regroupements au Château Ricard de Clairefontaine ?
A Marcoussis, on est très protégé. C'est l'idéal pour se préparer et évacuer les soucis de la vie quotidienne. Le site est agréable et les infrastructures très bonnes. Je garde aussi de bons souvenirs du Château Ricard ; c'était différent, une autre époque aussi. Mais je ne suis pas nostalgique.
Copyright © 2007 XV Rugby Tous droits réservés. | conditions d'utilisation | contactez nous | XHTML 1.0