XV Rugby
2006/2007 aura été une saison faste pour les Italiens. Parmi eux, Sergio Parisse a été l’un des plus en vue. Le sympathique troisième ligne de la Squadra Azzura attend désormais la Coupe du monde de pied ferme.
Sergio, comment s'est déroulée cette fin de saison chargée entre championnat et préparation de la Coupe du monde ?
C'est sûr que c'est une période particulière avec de nombreuses échéances très importantes. Nous avons réussi un grand Top 14 et c'était quelque chose d'essentiel pour le club. Avec l'Italie, après le VI Nations qui a été très encourageant, nous devons nous préparer sérieusement pour le Mondial. Nous devons être compétitifs pour jouer notre chance à fond pour atteindre les quarts pour la première fois de notre histoire. Ce sera dur, mais nous allons essayer d'y arriver.
Comment avez-vous vécu l'émergence du rugby italien au plus haut-niveau mondial ?
Petit à petit nous avons gagné ce respect. Les autres nations nous voient autrement maintenant. Notre pays n'a pas une grande tradition de rugby et il est important que nous ayons des résultats pour construire notre histoire. Le Tournoi a été un déclencheur avec deux victoires dont une à l'extérieur. Le travail paye. Il faut confirmer en Coupe du monde désormais.
Est-ce facile de gérer l'approche d'un tel événement, d'oublier une possible blessure ?
Ce n'est pas toujours évident. Une Coupe du monde c'est quelque chose d'unique, de particulier et tu ne peux pas ne pas te focaliser dessus. Très sincèrement c'est plus important qu'un championnat national, même si le Top 14 reste essentiel. C'est là que tu représente ton pays... C'est incomparable. Heureusement que l'on a un mois de repos, avant d'entamer la préparation, pour souffler un peu. C'était une année dure avec la Coupe d'Europe. Je suis certain que nous serons tous à 100% le 1er juillet pour entamer notre stage avec Pierre Berbizier.
Un premier match contre les All-Blacks, ça inspire quoi ?
Ce n'est pas forcément cette première rencontre que nous devons absolument gagner ! C'était la même chose il y a quatre ans, on est habitué maintenant (rires). C'est sûr que l'on veut être sur la pelouse pour se frotter à la meilleure équipe de la planète. Ce sera un bon moyen de jauger notre niveau. Mais il faudra surtout être bon pour les trois suivants avec l'Ecosse en dessert.
La France est-elle un pays qui vous convient ?
D'un point de vue rugbystique absolument. Depuis mon arrivée, je n'ai fait que progresser. J'ai passé quatre ans en Italie dans l'équipe de Trévise. C'est la meilleure formation transalpine. Elle joue la H-Cup mais le niveau est encore loin des autres Européens. Au Stade Français, chaque joueur est quasiment international. Pour jouer dans le XV il faut être au niveau. J'ai beaucoup appris au contact de mes partenaires. J'ai encore beaucoup de choses à peaufiner et c'est bien pour moi de rester à Paris.
La compétitivité est-elle une notion qui te motive ?
Je veux être le meilleur et je sais qu'à mon poste il y a une concurrence accrue. C'est pour cela que j'aime les matches internationaux. Tu peux te frotter aux plus grands de la planète et montrer tes qualités. Mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers et continuer à progresser. Je suis encore jeune, j'ai du temps pour progresser.
Paris, était-ce un choix purement sportif ?
J'ai eu de nombreuses propositions quand je suis parti d'Italie. Mais Paris c'est imposé très logiquement. D'abord, il y avait des Italiens dans l'effectif et c'était important. Après, je pense que le Stade est l'un des meilleurs clubs en Europe.
On a beaucoup parlé de vous pendant la période des transferts...
Ca fait toujours plaisir de savoir qu'une équipe comme Leicester s'intéresse à toi. Ils avaient un niveau exceptionnel cette année, même s'ils ont perdu en finale contre les Wasps. C'est d'autant plus flatteur. Ca prouve que le travail et les sacrifices que j'ai faits ont payé.
Pourquoi ne pas être parti ?
J'ai décidé de rester encore deux ans. J'ai discuté avec le staff, Max (ndlr : Guazzini). Nous sommes tombés d'accord sur une prolongation de contrat. C'est bien, car j'aime vraiment ce club. Après on verra, il sera bien assez temps d'entrevoir l'avenir. Mais pour le moment mon cœur est parisien.
Vous n'êtes donc pas contre une aventure étrangère.
Bien sûr que je suis intéressé, c'est d'ailleurs une évolution logique à laquelle je pense. Mais plus tard ! Une expérience anglaise est quelque chose qui me motive. Je n'ai que vingt-trois ans et il ne faut surtout pas se presser. Je dois d'abord me concentrer sur cette Coupe du monde, après je veux gagner des titres avec le Stade...
La Capitale est aussi une ville que vous aimez ?
Ma venue n'est pas qu'un choix sportif. Ici, je peux m'épanouir en toute tranquillité. Le cadre de vie est formidable. C'est une très grande ville qui permet de faire beaucoup de choses dans un certain anonymat. C'est appréciable. Dans des endroits plus restreints, où le rugby est religion, tout le monde te connaît et vient te parler du match du week-end. C'est sympa, mais au bout d'un moment ça peut être pesant. À Paris, tu peux te promener, aller au supermarché sans qu'on te demande forcément des autographes. Le rugby est notre métier, notre passion, mais nous avons aussi une vie à côté.
Retournez-vous souvent en Italie en dehors des matches ?
Dès que j'en ai l'occasion ! Trévise me manque beaucoup. J'aime retrouver mes potes dès que je rentre. Une partie de ma famille est également restée là-bas.
Vous avez la particularité d'être Italo-argentin. L'Argentine est-elle chère à votre cœur ?
Je me rends là-bas essentiellement pendant les vacances pour voir mes parents et ma sœur qui y habitent toujours. J'y ai gardé certaines attaches et c'est surtout important pour moi de m'y ressourcer.
Le choix entre le maillot argentin et italien a-t-il été évident ?
Je ne peux pas renier l'Argentine, car j'y suis né. Mais j'ai été élevé à l'Italienne. Mes parents parlaient italien à la maison, tous les ans j'y allais en vacances. Je suis fier de jouer pour l'Italie. Mais je ne cache pas mon origine argentine.
À quoi occupez-vous vos temps libres ?
J'évite les autres sports. Au Stade Français c'est un peu mal vu maintenant (sourire). Je ne fais pas de ski, ça nous a coûté cher. J'essaie d'éviter les conneries qui pourraient mettre en péril ma saison. Après, je fais pas mal de shopping. J'aime beaucoup la mode et les vêtements. Le soir je vais au resto. J'aime faire la cuisine, mais je ne suis pas contre une bonne table. Avec modération bien évidemment.
Quelle est votre spécialité ?
Le tiramisu ! C'est ce que je préfère faire.
Mauro Bergamasco, votre coéquipier en club et en sélection, dit que le sien est le meilleur de la terre. Est-ce vrai ?
Nous n'avons jamais fait de comparaison entre nos plats. Mais il est vrai que Mauro fait extrêmement bien la cuisine. Il va falloir que l'on fasse un concours pour savoir qui est le champion du monde des tiramisu !
Même si la séance était secrète, pouvez-vous nous dire si vous êtes dans le prochain calendrier du Stade Français ?
Oui ! Mais attention il n'est pas aussi osé que celui de la saison passée. C'était très bien, plus sage. C'est un photographe américain qui a une autre vision.
Quel mois êtes-vous ?
Je ne sais pas encore, c'est la surprise. J'ai fait beaucoup de photos, mais on ne m'a pas dit où je serais dans les pages.
Elle en a dit quoi Alexandra Rosenfeld (ndlr : son amie à la ville) quand elle a appris que vous étiez dans la version 2008 ?
C'est clair qu'elle n'était pas forcément contente (rires). Mais elle a compris que c'était quelque chose qui m'amusait et qui en plus allait ramener de l'argent à des enfants malades. Il ne faut pas oublier ça, c'est important. Et puis c'était marrant comme projet.
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