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Rory Underwood

toujours à 100 à l’heure !

Luca Zan

« Ce qui est le plus frustrant, c’est de ne plus voler à plus de 500 miles/heure. Maintenant, je suis de nouveau sur la terre ferme… »

Rory UnderwoodNon, Rory Underwood (85 sélections et 49 essais en équipe d'Angleterre) ne parle pas là de ses courses folles du temps où il jouait pour le XV de la Rose. Si vous demandez à cet ailier alerte et virevoltant ce qui lui manque le plus aujourd'hui, il vous répondra à coup sûr : « mon boulot de pilote de chasse pour la Royal Air Force. Les gens se rappellent toujours de moi comme d'un joueur de rugby. En fait, peu de personne savent que j'ai fais partie de la RAF. »

Sa reconversion professionnelle, Rory Underwood ne l'a ainsi jamais préparée puisqu'il était pilote avant d'être rugbyman. Et c'est fort logiquement qu'après son interlude sportif de quatorze saisons, il est retourné à la vie active et à son fidèle « manche à balai ». « Être aux commandes d'un jet est une sensation incroyable, particulièrement à basse altitude », explique le « Flight Lieutenant », son grade militaire. Mais là encore, les bonnes choses ont une fin assez tôt et après dix-huit années passées sous les ordres de sa majesté, Rory s'est finalement décidé à raccrocher son casque. Tout juste une étape dans sa vie trépidante.

Il n'en fallait en effet pas plus au fringuant trois-quarts pour rebondir. Avec John Peters, un ancien de la RAF fait prisonnier par les Irakiens lors de la première guerre du golfe, et Martyn Helliwell un ex-militaire de la Royale Navy, il décide de monter UPH LTD, une société spécialisée dans le développement d'équipe de haute performance en entreprise. Aujourd'hui, le quadruple vainqueur du tournoi des V Nations (1991, 1992, 1995, 1996) prodigue ses conseils aux grandes compagnies britanniques en s'appuyant sur les valeurs d'un sport qui lui a tant apporté. Car n'allez pas croire qu'il a totalement tiré un trait sur son passé d'international. Bien au contraire : « c'est vrai que j'aimais la sensation de jouer au rugby dans des stades pleins. Mais, avec le recul, ce qui me manque le plus, ce sont les relations avec mes camarades de jeu. Bref, l'esprit d'équipe ! » Pour preuve, il est encore abonné aux Leicester Tigers, son club de toujours, qu'il n'hésite pas à aller voir dès que son emploi du temps le lui permet. Pas la peine non plus de le titiller longtemps pour qu'il parle d'ovale. C'est sans se faire prier qu'il raconte quelques anecdotes avec entrain, surtout quand on lui parle des All Blacks. « Je vous vois venir, vous pensez à la demi-finale de 1995 face aux néo-Zélandais de Jonah Lomu et cette fameuse image où il a piétiné un joueur anglais. Mais sachez que ce n'était pas moi mais bel et bien mon frère Tony. Et ce jour là, la moitié de l'équipe en a bavé », lance-t-il avec humour.

Rory ne regrette ainsi rien de sa vie rugbystique, « mon hobby », comme il le dit si bien. À part peut-être une chose : « finalement, je suis très envieux de la façon de jouer actuelle. J'aurais aimé être un rugbyman moderne. On est arrivé à un tel niveau de jeu. »

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