Accueil » L’œil de … » Passionnée de talonnage
Le poste de talonneur est bien ingrat et on choisit rarement de porter le n° 2. « À l’aile, la balle est belle », tout bon rugbyman connaît l’expression. Au talon rarement et c’est avec courage abnégation que ces gros besognent pour la victoire de leur équipe. L’entrée en mêlée approche, et ils attendent placides se liant à leurs deux compères les piliers. Le talonneur est là espérant que les deuxième-lignes adverses ne se prennent pas d’envie de le châtier en le relevage de mêlée, ou en lui balançant quelques moulinets vengeurs au nez et sous la barbe des arbitres. Mais voilà, aucun doute, sans bon talon, il est difficile de briller au rugby. « Le talonneur à un rôle essentiel dans une équipe, car il est emmené à réaliser différentes actions sur le terrain qui conditionnent la performance de l’équipe. Ses tâches sont très précises : il doit d’abord être solide sur les fondamentaux de la conquête, les touches et la mêlée », explique l’ancien capitaine de l’équipe de France, Raphaël Ibanez.
Peu en évidence sur les phases d’attaques, il brille dans le grattage du cuir et dans la défense ou il intervient souvent dans la ligne pour plaquer. Naguère bedonnant, le pilier est aujourd’hui un athlète complet. Sprint, lancer en touche, on est bien loin des talons à l’ancienne, spécialistes de la poussée et des placages au ras des regroupements. « On ne s’ennuie jamais sur un terrain. C’est un poste extraordinaire qui demande maîtrise de soi, lucidité tactique et générosité dans l’affrontement », ajoute le n°2 des Bleus.
Alors, si vous jouez au rugby, ayez la bonté d’avoir une pensée pour l’exclus de votre équipe. À la fin du match, quand tout est perdu ou tout est gagné, faites une passe à votre talonneur. Et il revivra.
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