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Olivier Merle

Le Merluche en veut encore

Fabian Frydman

À voir son sourire, on comprend qu'Olivier Merle est un passionné. L'ancien joueur n'a rien perdu de son amour pour son sport. « Je viens régulièrement aux matches de l'équipe de France ou de l'ASM », concède-t-il. Retraité des terrains, le « Merluche » n'a plus assez de temps. Il faut dire que l'ancien deuxième ligne des Bleus a commencé depuis longtemps une nouvelle carrière. « J'ai anticipé deux ans avant d'arrêter. J'ai déposé les statuts de ma société, ça m'a laissé le temps de voir venir », se rappelle-t-il.

Le Merluche à Oujda 

Son nouveau challenge : une marque de couteaux baptisée... le Merluche. « C'est un objet qui me fascine. Mais, je fais aussi du vin. Je veux réhabiliter les cuvées d'Auvergne qui ont mauvaise réputation. » Son Auvergne, Olivier Merle l'aime, et il n'est pas peu fier d'avoir été l'un de ses porte-drapeaux. D'ailleurs, sur le pré, Pierre Salviac le surnommait le « Massif Central », en rapport avec sa stature imposante. « Être baptisé comme cela, c'est non seulement être le symbole de son club, mais aussi de ses racines. C'est pourquoi, aujourd'hui, j'essaie de me servir de mon image pour faire la promotion de nos produits. » Un après-rugby atypique pour un rugbyman souvent hors-normes.

Car la carrière de l'ancien international (44 sélections) est plus ou moins le fruit du hasard. C'est à quatorze ans que Merle a signé sa première licence, avant de partir, pendant près de dix ans, grossir les rangs de la section d'athlétisme. Ce lanceur de poids a d'ailleurs connu une belle aventure qui l'a mené au sein de l'équipe de France junior. « Je suis revenu au ballon ovale, parce que l'athlé est le parent pauvre du sport français », explique-t-il. Poussé par toute sa famille, c'est sur un coup de dé qu'il a finalement rejoint l'ASM : « Tout le monde voulait que je joue au rugby. Un soir, à table, j'ai crié stop. J'ai pris un dé et j'ai dit que si je faisais un six, je signais. J'ai lancé... six. Le destin avait choisi. » Sa carrière, Merle ne l'a pas connue que dans son club de cœur. Après une année à l'ASM, il est d'abord parti à Vichy - « Ils m'offraient un job. Il fallait que je fasse vivre ma famille. Le rugby, c'est une bonne école de la vie, mais ce n'est pas la vie. » - puis à Grenoble - « Jacques Fourroux voulait que je vienne. C'est là que j'ai commencé le haut niveau. » - avant de finalement revenir à Clermont. Une halte de cinq années, avec comme point d'orgue la finale de 1999. Avec le recul, l'un des souvenirs les plus contrastés de sa carrière : « Les Toulousains n'en menaient pas large. On contrôlait la partie et tout a basculé. Sur un coup de pied contré, un gars a bloqué la balle à deux mains, et il est parti aplatir. Du jamais vu, on était maudit ! » Un mauvais souvenir certes, mais pas le pire : « Je voulais vraiment finir ici. Mais j'ai dû m'exiler à nouveau ! On était dirigé par des nombrilistes qui ne sont heureusement plus là. »  

Direction Narbonne, puis Aurillac où il a discrètement rangé ses crampons, mais pas sa ferveur. « Quand je regarde les Bleus, je me surprends à avoir des contorsions et des contractions dans mon fauteuil. C'est là que l'on se rend compte que l'on a été touché par ce sport », conclut-il dans un énième sourire. Il faut dire que le ballon ovale lui a laissé de nombreux souvenirs. Et d'ajouter : « Je me souviens de cette Marseillaise que le public avait entonné en cœur pendant une rencontre contre les Anglais. C'était la première fois que le stade chantait de son propre chef. A l'époque, il y avait une petite polémique à ce sujet. Les Britanniques soulignaient que les Français étaient des supporters silencieux. La réponse n'a pas tardé à fuser. C'était magnifique ! » Aujourd'hui encore, le rugby le démange et après avoir fait ses premiers pas à l'écran dans un court métrage et un rôle... d'ogre, il ne dirait pas forcément non à une aventure sur d'entraîneur : « Si l'on me propose un projet bien ficelé avec de réelles ambitions, je pense que je plongerais et que j'enfilerais la casquette. » De là à le revoir sur les bords d'un terrain, il n'y a pas très loin.

Le Merluche à Oujda

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