Accueil » Dans la peau de ? » Mauro Bergamasco
Fabian Frydman
Ne vous étonnez pas si vous croisez un jour, Mauro Bergamasco à la terrasse d’un café de la Butte Montmartre. L’Italien coule des jours heureux à Paris. L’ancien joueur de Trévise s’est très vite acclimaté à sa nouvelle équipe et sa nouvelle vie. « On est dans l’une des plus belles villes du monde ... Je n’ai pas rencontré de difficultés d’intégration. Ici c’est un peu spécial.... très humain. », explique le troisième ligne.
Après bientôt quatre années parisiennes, Mauro ne se lasse pas de découvrir la Capitale, bien au contraire. Loin d’avoir fait le tour de ce qu’il y a à visiter, il commence à peine à profiter pleinement de son cadre de vie. Encore très pris par un emploi du temps chargé, il se force tout de même à déambuler dans les rues. « Les premières années j’avais besoin de me régler, de trouver mon rythme. Maintenant, je me suis organisé et je savoure tout cela un peu plus. Je me balade, je goûte la vie parisienne. J’ai bien conscience que je suis un privilégié. Je peux vivre de ma passion dans un tel cadre », confie-t-il. C’est donc entre deux séances d’entraînement au stade Jean-Bouin ou à Meudon-la-Forêt, que Mauro profite de ces brefs instants pour se promener avec ses amis : « quand on sort, on se retrouve vers les Champs-Élysées. Après j’aime bien traîner du côté du Sacré-Coeur. Le deuxième et le troisième arrondissement sont aussi des endroits où je flâne assez souvent. » Prendre le temps de vivre est donc plus qu’un besoin pour l’lnternational de la Squadra, c’est une nécessité. Car si la passion de son sport occupe la majeure partie de ses pensées, il ressent tout de même le besoin de goûter à d’autres choses. C’était d’ailleurs un point essentiel dans sa décision de venir au Stade Français : « L’équipe est très performante, et le challenge sportif est quotidien. Mais, on ne peut pas vivre vingt-quatre heures sur vingt-quatre que de rugby. Il faut aussi avoir la possibilité de respirer, de profiter d’autre chose, de s’ouvrir culturellement. »
En bon Italien, l’aîné des Bergamasco est un amateur de bonne chaire. Et si vous lui demandez de choisir entre un verre ou une table, il ne lui faudra pas bien longtemps pour vous répondre : « je préfère aller manger dans un bon resto. » D’ailleurs, il tient scrupuleusement à jour un guide personnel de ses adresses favorites. En tout, une quarantaine de cartes soigneusement confinées dans un grand classeur, mis à jour régulièrement. Des endroits qu’il aime retrouver à l’occasion, selon son humeur et les gens qui l’accompagnent. Car avant tout, en cuisine, Mauro prône le changement. « Quand je vais dans un restaurant, c’est surtout pour essayer quelque chose de nouveau. Je n’ai pas vraiment de cantine ». Et d’ajouter : « Certains sont peut-être plus réguliers que d’autres. Je pense à L’Ami Jean, Le Wa, La Cantine ». Il avoue y trouver une ambiance particulière, et apprécie tout particulièrement le rapport d’amitié qu’il commence à entretenir avec les patrons des établissements. Même s’il reconnaît avoir un petit penchant pour la cuisine française, il n’est pas contre la découverte d’autres horizons. Chinois, japonais, qu’importe... mais n’allez surtout pas lui parler d’un Italien : « Je me dis que ce n’est pas la peine d’aller manger là-bas alors que j’ai la même chose à la maison. J’ai bien des gens qui m’ont indiqué deux ou trois adresses qui ne sont pas mal... »
Bref, petit à petit, Mauro a trouvé ses marques, et s’il avoue facilement aimer sortir, il n’est pas contre un bon repas en famille. La preuve, puisqu’il a récemment invité les troisièmes lignes du Stade à un petit festin italien. « J’ai viré mon frère pour la soirée. Je l’avais prévenu une semaine avant et il s’est trouvé quelque chose à faire », explique-t-il dans un grand éclat de rire. Installé, adopté par des supporteurs qui louent sa combativité, il se voit bien continuer un petit moment encore l’aventure Stade Français. Pour son équipe, ses coéquipiers bien évidemment, mais surtout pour cette Capitale qu’il aime tant : « Je suis bien ici, même s’il est vrai que je ne connais pas trop les autres villes françaises.
Le Sud serait peut-être plus proche de mes racines, mais j’adore Paris. » Paris, Mauro Bergamasco semble en avoir compris l’essentiel, et c’est avec une infinie application qu’il en savoure les avantages tout en se méfiant de ses paillettes. « Il faut savoir se cadrer, car c’est facile de sortir des bons rails. Ici, on a tout ! Paris peut tout te donner. Il faut savoir choisir, il faut savoir prendre », conclut-il avec lucidité. Qui a dit que cet Italien n’était pas un vrai Parisien ?
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