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Jean Gachassin

L’infatigable Peter Pan

Pour parler à Jean Gachassin, il faut être patient... Très patient ! Entre deux rendez-vous, l’ancien numéro 10 se pose dix minutes pour expliquer son emploi du temps à choix multiples. Au four et au moulin, un peu comme sur le terrain… Malgré les années, Jean continue de galoper.

Huissier de justice, adjoint au maire, responsable de l’office du tourisme, membre influant de la Fédération Française de Tennis… Jean Gachassin est un homme aux multiples facettes. À croire que l’ancien ouvreur de Bagnère-De-Bigorre et de l’équipe de France possède le don d’ubiquité. « Tout cela m’occupe bien, ça me permet de garder la forme. Je bouge comme à vingt ans », lâche-t-il dans un grand éclat de rire. Jean Gachassin est un feu follet, un petit à la vitalité sans limite et à la bonne humeur contagieuse.

Une spontanéité qui lui avait d’ailleurs valu la sympathie de Roger Couderc, et un surnom qui lui sied à ravir. « C’est Roger qui m’a appelé Peter Pan pour la première fois. Je trouve que cela me résumait assez bien. Je courrais à droite, à gauche, en plus je suis plutôt petit », concède l’ancien n°10 tricolore. Après une carrière longue de seize années avec un Grand Chelem (1968), Gachassin a raccroché les crampons. D’abord pour se diriger vers le banc – « J’ai été président de Bagnère pendant cinq ans. Mais je n’étais pas d’accord avec le système de l’équipe de France et Fourroux » - mais surtout vers la petite balle jaune. C’est donc vers le tennis que « Abdou », son second sobriquet, s’est alors tourné. « Je cherchais un sport pour rester en forme. Il me fallait de la compétition. Je suis quand même monté 2/6 à quarante ans », concède le président de la Ligue Midi-Pyrénées. Mais attention, pas question d’oublier le cuir pour autant !

Et malgré un emploi du temps très chargé, Jean Gachassin a gardé des attaches très fortes avec l’Ovalie. « Mon amour pour le rugby est viscéral. Cela fait maintenant dix ans que je suis consultant pour France Télécom et Orange », ajoute-t-il. D’ailleurs, il est hors de question de ne plus venir au stade. À commencer par les matches de l’équipe de France qu’il ne manquerait pour rien au monde. Car, malgré ses nombreuses obligations, il reste fidèle à la tunique frappée du Coq. « Le jeu moderne n’a plus rien à voir. Nous n’avions pas la même mentalité, analyse l’homme aux trente-deux sélections. Nous avions plus une volonté de contournement. Aujourd’hui cela se perd au profit de la percussion. » Avant d’ajouter un brin nostalgique : « Quand je vois Cédric Heymans faire un cadrage-débordement, je jubile. Car, il faut bien l’avouer, dès fois le spectacle est devenu un peu rébarbatif. »

En attendant, c’est bien autour des courts de tennis de Roland-Garros, que Jean Gachassin passe une grande partie de son temps. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est là qu’il retrouve un état d’esprit proche du rugby et de ses valeurs collectives. « Avec Christian Bîmes, nous avons mis sur pied une équipe dirigeante très soudée. Ca me rappelle le bon vieux temps des mêlées », concède-t-il. Il faut croire qu’il n’est pas le seul à penser cela « Philippe Saint-André est un excellent joueur, tout comme Jean-Pierre Rives qui était un espoir français. De nombreux rugbymen étaient de bons manieurs de raquettes », conclut-il, avant de raccrocher précipitamment pour répondre à un client de son cabinet  d’huissiers de Bagnère-De-Bigorre. Malgré les années qui passent, il court toujours celui que l’on appelle Peter Pan.

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