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Hugues Ginson
Six ans déjà qu’il a pris sa retraite sportive, mais pourtant rien n’a pas changé. Quand certains ex-internationaux se laissent aller, lui n’a pas pris un gramme, encore moins une ride et a gardé le même rictus. Guy Accoceberry n’a jamais eu besoin du rugby pour vivre. L’ancien demi de mêlée de Bègles-Bordeaux, a toujours concilié rugby et études.
De Tyrosse son petit village landais où il a fait ses débuts en équipe première à l'âge de 18 ans jusqu'à la capitale girondine où, aujourd'hui, il tient une pharmacie à Mérignac, dans la proche banlieue bordelaise. « Je m'y suis investi à fond. C'est très intéressant la gestion d'une équipe, faire passer un message et motiver les gens. J'ai mis en application ce que le rugby m'a appris. Sauf que mes salariées (6 au total) sont toutes des femmes ! », rigole-t-il.
Le grand saut dans la vie active, il l'a fait à 32 ans après 13 saisons de haut niveau et en claquant la porte de Bègles suite à une incompatibilité d'humeur avec l'équipe dirigeante de l'époque. « L'entraîneur ne voulait que des professionnels, l'état d'esprit avait changé, se souvient-il. Plus tard, dans la tourmente, ils ont fait appel à moi pour des rôles de représentation qui ne servaient pas à grand-chose. » Quelques années auparavant, il avait débarqué au CABBG au moment où Tyrosse descendait en Groupe B... à une époque où l'on jouait au rugby comme on va retrouver ses copains sans se soucier du lendemain. Clermont-Ferrand et Béziers lui faisaient les yeux doux. Le rugby occupe alors une place plus importante dans sa vie, mais il exerce en parallèle dans une pharmacie de la Place de la Victoire, un des hauts lieux de la vie estudiantine à Bordeaux.
Présent à la Coupe du monde 1995 en Afrique du sud, celui qu'on surnommait « le plus grand espoir du rugby français » remporte le Grand Chelem dans le Tournoi des V Nations deux ans plus tard. Pour ses débuts avec les Bleus, au printemps 1994, il se souviendra aussi de sa tournée en Nouvelle-Zélande, décrochant au passage deux succès mémorables contre les partenaires de Jonah Lomu. Pour ses premiers pas tricolores, difficile de rêver mieux avec le fameux « essai du bout du monde » né d'une relance de Philippe Saint-André dans ses 22 mètres à trois minutes de la fin du second test, avec, à la clé, la victoire au terme d'une action à dix passes ponctuée par un essai de Jean-Luc Sadourny.
« Comment battre les Blacks à la prochaine Coupe du monde ? Je vous dirai tout d'abord que sur un match tout est possible. Les joueurs devront être concentrés à 200 % et disciplinés à 100 %. Même le rebond du ballon devra être favorable. Car contre eux, c'est le détail qui fera la différence», lâche celui qui craint davantage le match de poule contre l'Irlande en septembre. « C'est cette rencontre qui donnera le tempo aux Français ».
Sélectionné à 18 reprises avec l'équipe de France entre 1994 et 1997, il conserve un regard aiguisé sur le rugby actuel. Lui, le chef d'orchestre, l'aboyeur, n'a « jamais eu de grosses ambitions dans le rugby ». Mais, rappelle-t-il, « je n'ai jamais rien fait pour qu'elles viennent jusqu'à moi ».
Pourtant, cette saison, il est retombé dans la marmite. « A la fin de ma carrière, j'ai tourné la page facilement. Puis après, au bout de six mois, ça m'a démangé surtout quand j'ai vu les difficultés de mon ancien club (ndlr : Bègles). C'était un véritable crève-cœur ». Membre du comité de pilotage de l'Union Stade bordelais - CABBG en Pro D2, « un rôle d'ambassadeur » précise-t-il, il a repris le chemin du gazon puisqu'il est devenu éducateur à l'école de rugby de Mérignac où évolue l'un de ses trois enfants. Pharmacien à plein temps, il est aussi animateur depuis peu d'une émission hebdomadaire, « Troisième mi-temps », chaque dimanche soir sur la chaîne câblée NRJ 12. Bref, l'ancien demi de mêlée fourmille d'idées et de projets. Dans un futur proche, il pourrait même se consacrer davantage à sa passion. « Si la proposition est intéressante, je ne dirai pas non. Mais pour cela, je passerai par une remise à niveau », conclut-il.
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