Par Julien Vitry
A l’heure du double affrontement face aux All Blacks, le demi de mêlée du Biarritz Olympique fait le point sur son début de saison. Il revient également sur sa carrière et la passion familiale pour le rugby qui va du grand-père au plus jeune de ses frères.
Dimitri, face à quelqu'un qui ne vous connaîtrait pas, comment vous présenteriez-vous ?
Je suis demi de mêlée au Biarritz Olympique. C'est ma cinquième saison au club. Je viens de remporter mon second titre de champion de France et de jouer une finale de Coupe d'Europe.
Un beau palmarès, mais cela n'a pas été évident tout de suite pour vous ?
Oui et non. Il y a eu plusieurs étapes. Je suis parti à l'âge de 19 ans au PUC, en région parisienne, pour connaître autre chose, une autre ville. J'y ai rencontré Vincent Moscato qui m'a beaucoup appris. Ensuite, j'ai joué un an en Angleterre à Gloucester. Là-bas, j'ai franchi un cap au contact des Anglais, de leur rigueur, de leur professionnalisme. J'ai gravi les échelons assez vite finalement.
Avec un père ancien international, c'était un peu votre destin de jouer au rugby ?
Oui... en quelque sorte. Mon père et mon grand-père ont tous les deux joué au rugby. Mes frères jouent aussi. C'est mon sport, même si j'ai commencé par le foot pendant trois ans à l'OGC Nice quand j'étais gamin.
Finalement, vous avez atterri au Biarritz Olympique. Pas mécontent de votre choix ?
Bien sûr, je ne regrette vraiment pas d'être venu ici. Le Pays basque est un environnement exceptionnel pour jouer au rugby. Je me sens vraiment bien dans cette région, près de l'océan et de la campagne. J'avais eu d'autres propositions à l'époque, mais Biarritz m'a proposé le projet le plus ambitieux. L'histoire a prouvé que celui-ci était bien concret.
Vous entamez donc votre quatrième année au club. Comment vous sentez-vous ?
Ca va plutôt bien. Physiquement, je bénéficie d'une bonne préparation durant l'intersaison. J'ai le rythme et il me tarde de retrouver les grandes échéances que sont la Coupe d'Europe et les matchs de l'équipe de France. Le niveau grimpe d'un cran et on a toujours envie d'élever le sien avec.
Quelle analyse faites-vous justement de ce début de saison avec le BO ?
C'est mitigé. On a eu du mal à démarrer, mais comme chaque année à vrai dire. Nous sommes tout de même dans le peloton de tête. Il n'y a rien d'alarmant. Et tout cela est finalement logique au vu de notre préparation. Nous avons fait un travail spécifique pour être prêt au début de la Coupe d'Europe. C'est maintenant que l'on va savoir où l'on se situe.
C'est le même constat qu'au Stade Toulousain ?
On est tous dans le même bain à part le Stade Français qui a démarré en trombe. Nous mettons en place notre jeu pour les échéances qui arrivent. Ne soyons pas inquiets.
Vous en parlez beaucoup entre internationaux de cette mise en place et de cette cadence difficile de début de saison ?
Pas vraiment en fait car nous nous concentrons sur nos clubs respectifs. A Biarritz, il m'arrive d'en discuter avec certains, mais c'est anecdotique. La priorité, c'est le club.
Pour parfaire votre jeu, vous continuez de vous entraîner avec Jean-Michel Larqué. Pouvez-vous nous parler de cette collaboration ?
Je butte une fois par semaine avec lui. C'est un travail sur des points de détails pour améliorer sans cesse mon jeu au pied. Il m'apporte son expérience de la frappe. Que le ballon soit rond, ovale ou carré, une frappe reste une frappe. Il a juste eu à s'adapter aux poteaux qui sont différents. Depuis deux ans et demi que l'on s'entraîne ensemble, cela m'a toujours beaucoup apporté.
Pour parler de l'équipe de France désormais. Comment appréhendez-vous cette tournée de novembre ?
Ces matchs vont être très difficiles. Nous allons avoir en face de nous ce qui se fait de mieux sur la planète rugby. Nous le savons et il faudra être au maximum de nos capacités.
L'équipe des All Blacks, c'est quelque chose de vraiment à part ?
C'est un mythe, une légende. Tout joueur rêve de les rencontrer. La seule fois où je les ai joués, c'était lors du match pour la troisième place de la Coupe du monde 2003. Ce n'est pas un très bon souvenir car nous avions perdu (40 à 13). Mais cette puissance physique et cette aisance technique laissent songeur.
Quel est le plus impressionnant face aux Blacks ? Le haka ?
Oui, c'est assez spécial. Vous vous retrouvez face à quinze joueurs très concentrés avec des visages de fou. Il faut rester dans le match à ce moment-là, leur montrer que vous êtes motivé. C'est un vrai challenge !
Sur le plan sportif, est-ce une rencontre primordiale en vue de la Coupe du monde ?
A moins d'un an de l'épreuve bien évidemment. Mais il est surtout important de réaliser une bonne prestation et d'en sortir victorieux. Il y aura de la pression sur chacun de ces matchs mais pas par rapport à la Coupe du monde. Nous nous préparons depuis 2003 pour cette prochaine échéance. On ne va pas tout remettre en question sur deux matchs. Ce sont deux choses à part.
La Coupe du monde, vous y penser beaucoup ?
Bien sûr. Mais je ne me projette pas encore au premier match, ni en finale. Le seul objectif, c'est de tout faire avant et pendant pour la gagner. Et pour l'instant, j'espère déjà être sélectionné avec les Bleus, ce qui est loin d'être une certitude.
Pourtant, à l'image de l'accueil que vous a réservé le Stade de France lors du match contre Paris, vous avez l'approbation du public.
Ca me fait plaisir, c'est vrai. Mais ça ne suffit pas pour jouer en équipe de France.
Pour terminer, si vous n'aviez pas fait de rugby, où seriez-vous aujourd'hui ?
Honnêtement, je n'en sais rien. Je n'étais pas très doué pour les études. C'était sans doute mon destin de jouer au rugby.
Comme tous les Yachvili finalement ! Même votre frère cadet s'y est mis ?
Certainement... Grégoire, l'aîné, joue à Bègles-Bordeaux et Charles-Edouard évolue en équipe espoir du BO. Il n'a que 20 ans et il travaille bien. S'il continue comme ça, il peut faire une belle carrière. On verra bien.
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