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Greg Mandel
Quand vous demandez à Denis Charvet pourquoi il fait maintenant du cinéma, il vous répond sans réfléchir : « Pourquoi pas ? » Pour ce trois-quart centre, le septième art n’est pas une reconversion mais une suite logique, une passion de toujours.
Depuis sa plus jeune enfance, l'ancien joueur de Toulouse et du Stade Français a une fascination particulière pour le grand écran. « Vers huit ans, j'avais déjà construit un cinéma dans la cave de mes parents à Cahors. Depuis longtemps j'ai ça en moi », reconnaît-il. C'est un peu pour cela que je suis parti du Stade Toulousain, pour venir à Paris. C'est ici que tout se passe. » Après avoir raccroché ses crampons, c'est fort logiquement qu'il est devenu acteur. Des apparitions dans différents films comme Vercingétorix avec Christophe Lambert ou encore Inès Sastre lui permettent de gagner ses premiers galons, avant de se tourner vers la production avec sa société Les Films Christie's.
Un choix qui lui a permis de faire de belles rencontres comme celle qui l'a amené à croiser la route d'un grand amateur d'Ovalie : Richard Bohringer, et à produire son dernier film, C'est beau une ville la nuit. « C'est avant tout un poète, le dernier mohican. Je me retrouve en lui, nous partageons les mêmes valeurs », explique-t-il. Le cinéma, Denis l'entrevoit comme une équipe de rugby hétéroclite et complémentaire : « C'est une sorte d'auberge espagnole où chacun amène ce qu'il a dans le ventre, ses certitudes, ses rêves d'enfant. Comme des avants qu'on mélange avec des arrières et qu'il faut fédérer ! C'est le carrefour des âmes sensibles. La gestion des hommes et la même sur les deux terrains. » Ce n'est pourtant pas pour autant qu'il a oublié ses racines, ce ballon ovale qui lui tient tant à cœur. D'ailleurs, il n'hésite pas à se rendre au stade pour goûter à cette ambiance qui lui plait tant. Il suit avec grand plaisir ses anciens partenaires du Stade Français, sans oublier les Rouge et Noir de Guy Novès. « C'est important pour moi d'aller voir des matches. Cela veut dire que j'ai réussi à faire le deuil de ma carrière sportive. J'ai mis du temps, mais j'ai réussi. J'ai maintenant l'impression d'être loin. La boucle est bouclée, je suis redevenu un supporter », analyse l'International.
Et en supporter avertit, il se délecte de l'évolution professionnelle de son sport et apprécie plus que quiconque le talent de certains joueurs, à l'image de l'Argentin Juan Martin Hernandez. « Il a une classe folle, son rugby me touche. Quand je le vois, je suis comme un gamin. Mais j'apprécie aussi Florian Fritz. Il m'étonne et progresse chaque week-end », souligne l'homme aux vingt-trois sélections sous le maillot tricolore. Une chose est sûre, Denis Charvet est un passionné, et il n'hésite pas de temps en temps à renfiler son maillot. « J'ai rejoué au Stade de France, à Charléty avec Sella et d'autres. Quand on est sportif, les hormones se retrouvent facilement. En tout cas, je ne le ferai pas tous les dimanches », conclut-il dans un dernier rire.
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